Al Kamandjâti

un élève de l'école de musique
photo © Véronique Pipers

Cette association loi 1901 a été créée en octobre 2002 à l'initiative de Ramzi Aburedwan, étudiant palestinien au Conservatoire National de Région d'Angers, originaire du camp de réfugiés d'Al Amari près de Ramallah.
Son objectif est de mettre sur pied des écoles de musique pour les enfants les plus démunis de Palestine, en premier lieu ceux des camps de réfugiés. Afin que ces derniers puissent y être inscrits, les frais de scolarité sont symboliques ou gratuits.

Al Kamandjâti travaille et développe dans les camps de réfugiés, villages et villes de Cisjordanie ainsi qu'au Liban de nombreux partenariats avec les structures culturelles préexistantes. Nous sommes persuadés que seule la mise en commun de toutes les énergies présentes sur le terrain est véritablement efficace.

Pourquoi ?

Parmi les victimes les plus méconnues de l'occupation et de la violence subie par le peuple palestinien figurent la culture, l'art, les loisirs. Lorsque l'on veut mettre un peuple à terre, on essaie non seulement de le tuer, physiquement, mais aussi d'éliminer tous les symboles qui le caractérisent aux yeux du reste du monde. La résistance palestinienne peut et doit être multiple.
L'Intifada peut aussi être culturelle. Voilà pour le côté politique et militant. Mais il ne faudrait pas oublier, le sens premier d'une action comme celle que mène Al Kamandjâti : donner du plaisir à des enfants qui sont les premières victimes de la situation politico-militaire. La chance dont a bénéficié Ramzi ne doit pas rester isolée.

Des réalisations concrètes

La mise en oeuvre du projet porté par Al Kamandjâti est le fruit d'un constat.
Nombreux sont les militants qui se battent sur le terrain : en France, en Europe et dans le monde, qui arpentent les rues pour sensibiliser leurs concitoyens au drame vécu par le peuple palestinien et pour ouvrir les yeux des hommes politiques.
Ce travail est extrêmement important, voire vital pour ne pas oublier, ne pas laisser seuls les Palestiniens pour la bonne et simple raison que nous sommes tous concernés par ce qui leur arrive.
Mais les réalisations concrètes, sur le terrain, sont plus rares. Al Kamandjâti développe son projet directement dans les territoires palestiniens sans attendre éternellement des décisions politiques et la création effective d'un état palestinien pour travailler avec eux, à la reconstruction de la vie culturelle, autrefois si riche.
En dix ans, Al Kamandjâti a créé des cours de musique dans la plupart des villes palestiniennes. Chaque semaine, une quarantaine de professeurs enseignent la musique (solfège et instruments) à plus de six cents enfants. Durant les vacances, des ateliers sont organisés dans les camps de réfugiés en Palestine mais aussi au Liban et en Jordanie. On y enseigne la musique classique et traditionnelle palestinienne, et la musique classique européenne.
Les premiers élèves sont maintenant de jeunes adultes qui jouent dans des ensembles musicaux. Les plus doués poursuivent leursétudes à l’étranger : en France, en Italie, aux États-Unis. Plusieurs ensembles ont réalisé des tournées en Europe et aux États-Unis.

Al Kamandjâti 2016, les nouveaux projets

Deux axes nouveaux seront développés au sein de l'association.
Le premier est la mise sur pied d'un festival de musique sacrée, Musical Journey, qui se déroulera dans des lieux patrimoniaux des villes et villages de Palestine et de Jérusalem. La première édition a eu lieu en mars 2016 et a connu un vif succès. Elle présente la musique sacrée à travers des concerts d'artistes étrangers venus d’Europe mais aussi d’autres continents (Asie, Amérique), et des créations qui associent musiciens étrangers et musiciens palestiniens.
Une part importante du festival est aussi consacrée à la pensée à travers des conférences musicales, philosophiques ou historiques.
Le second volet que Al kamandjâti souhaite développer est la pratique d’autres musiques comme le jazz et les musiques populaires de la rue, dans la lignée des nouvelles fanfares européennes qui mixent le jazz, l’improvisation, les musiques des Balkans et d’autres régions du monde.